Quelques uns de nos préférés de la rentrée littéraire

Pas pleurer, de Lydie SALVAYRE, éditions du Seuil

Pour qui ce livre…

Pour ceux qui s’intéressent à la guerre d’Espagne (ou pas encore, mais sont prêts à en savoir plus, de l’intérieur, vécue par le petit peuple), pour ceux qui s’intéressent à Bernanos (ou pas encore mais sont prêts à découvrir), pour ceux qui aiment qu’une intrigue romanesque s’inscrive dans la grande histoire (la vraie), pour ceux qui aiment le style, l’écriture travaillés, et que ça reste fluide, élégant, pour ceux aussi qui aiment que l’oeuvre soit façonnée avec passion et porte la marque de son auteur.

Moi je suis emballée.

En lire plus sur ce roman : c’est ici

L’homme de la montagne, de Joyce MAYNARD, éditions Philippe Rey

Un polar avec serial killer, un roman social et intimiste, l’histoire de deux sœurs qui grandissent coude à coude, entre une mère que le divorce a plongée dans le désespoir et un père inspecteur de police, séducteur, mais resté proche de ses filles. Tout cela dans une Amérique des années 60, à la lisière de la montagne, espace sauvage, lieu de rêves et de drames.

C’est dense, l’intrigue est là, les personnages sont là aussi ; ce qui les rassemble ou sépare est bien analysé. Du bon roman.

 

 

Marina Belleza, de Sylvia AVALLONE, éditions Liana  Levi

Quand Marina Belleza chante tout le monde applaudit et c’est un franc succès. Marina veut ça, la célébrité, les paillettes ; elle est née dans la montagne piémontaise, sa mère existe à peine, son père ne s’intéresse pas elle. Andrea est issue d’une famille bourgeoise, il a fait de bonnes études, il va choisir de reprendre la ferme du grand-père, la fabrication artisanale du fromage. Marina et Andrea, c’est une longue et difficile histoire d’amour.

Ce roman est celui d’une génération face à un avenir où tout s’entrechoque, que faut-il préserver, qu’est-ce qui a réellement du sens. Comment ne pas vibrer avec Marina et Andrea, espérer ou craindre avec eux ?

 

La femme qui dit non, de Gilles MARTIN CHAUFFIER, éditions Grasset

Marge et ses deux hommes, l’enfant de l’un élevé par l’autre, l’Ile aux Moine, la voile, la France de 1938 à nos jours, les guerres, les destins personnels face à l’Histoire, à la conscience politique… il y a du souffle dans ce roman.

Le style est souple, enlevé, tout ça se lit comme un feuilleton, avec un drame bien noué, le récit d’une époque, avant tout.

 

 Charlotte, de David FOENKINOS, éditions Gallimard

Charlotte Salomon, une petite fille qui grandira dans une famille au lourd héritage suicidaire, une femme qui s’affirmera comme artiste peintre, bien que juive alors que le nazisme se fait de plus en plus meurtrier, qui mourra à 26 ans dans un camp de concentration avec déjà une œuvre derrière elle.

Ce n’était pas facile de rendre par l’écriture le drame, la beauté d’une telle personne. David Foenkinos a trouvé le style, la bonne distance. C’est de la poésie, c’est du roman, c’est un bon livre.

 

L’incolore Tsukuru Tazaki…, de Haruki MURAKAMI, éditions Belfond

Ils étaient cinq amis, un jour l’un d’entre eux est exclu par les autres, sans explication. C’est lui Tsukuru Tazaki. Vingt après il cherche à savoir, trouve le courage d’aller voir ceux qui l’on exclu, il en a tant souffert, il porte ce poids dans tous ses actes, et pensées.

Tant de choses sont dites, bien amenées, avec toutes leurs nuances, sur ce qui nous construit, ce que l’on comprend des autres, ce qu’ils perçoivent de nous, ce qui prend des années à faire surface. Et toujours chez Murakami ce lien à l’invisible qui pourtant nous influence.

 

Retour à Little Wing, de Nickolas BUTLER, éditions Autrement

Là, ils sont quatre amis, qui ont grandi dans le Wisconsin, l’un d’eux, guitariste, chanteur est devenu une vedette, un autre, suite à un accident, est un peu décalé, un autre persévère comme fermier, le dernier plus arriviste navigue à vue. On les retrouve à la trentaine au mariage de ce dernier, puis on se déplace en avant, en arrière, NewYork, le grand monde parfois, la nature, l’argent, l’ambition, les valeurs qui donnent du sens….

Roman à plusieurs voix, ce livre porte un regard attentif aux êtres, ce qui les égare, ce qui les modifie. La part faite à la terre d’origine, ses rigueurs, la solidarité, est importante, et l’on se sent bien là-bas avec ces gens là.

 

Le règne du vivant, de Alice FERNEY, éditions Actes Sud

Sur ce bateau, dont le capitaine est un authentique défenseur des océans et de leur faune, on se dévoue entièrement à la cause, au péril de sa vie, s’il le faut. La négociation ne suffit pas toujours.

Les baleines, les requins, les tortues, les fonds marins, nous deviennent très proches et très chers au fil des pages. Alice Ferney apporte à cette question toute la force de son style, la richesse de ses connaissances. On ne ressort pas indemne de cette lecture.