L’atelier écriture fait son show avec Focales en Vercors (mai 2018)

Les deux groupes de l’atelier d’écriture de la librairie, animés chacun par Jean François Freydières et Françoise Teissier, ont établi un partenariat avec le festival de photographie Focales en Vercors   (> visiter le site) pour la seconde année consécutive.

Il s’agissait cette fois de jouer à un jeu : s’imaginer à la place du photographe Sylvain Heraud (>visiter le site), invité de Focales 2018, quand il a pris ce cliché et raconter le moment si particulier de la prise de vue. Les participants ont joué le jeu ainsi que Sylvain Heraud himself. Saurez vous retrouver le texte écrit par le photographe Sylvain Héraud parmi les 10 textes ci dessous ? (la réponse est en bas de page).

 

 

 

 

 

 

 

 #1 – Musique endormie

J’aime la musique et particulièrement le piano. Guidé par Calvino dans ma quête de villes, de demeures, de bruits et de couleurs, je suis tombé sur ce salon d’un autre temps. Il a abrité des concerts familiaux ou privés avec de confortables fauteuils. Ce salon garde les traces d’une splendeur passée et ces traces sont intimement mêlées aux ravages du temps. C’est cette intrication, cet enchevêtrement que j’ai voulu montrer.

Les traces sont bien sûr physiques, radicales mais je les sens aussi délicates et musicales. Certes le piano, les fauteuils sont à l’agonie mais les vibrations lumineuses du soleil réveillent la douceur de vibrations sonores anciennes qui aujourd’hui encore pourraient rebondir sur les murs d’un vert tendre.

En arrivant dans ce salon j’ai été pris de tourbillons, ceux du temps et du lieu, ceux de la musique et de la lumière. J’ai voulu cadrer un instant cet espace multiple et mouvant avec le soleil qui balaie le sol, les murs, le piano, avec le soleil qui réveille le passé et les musiques. Il suffit de peu de choses, d’un clignement d’œil, pour que j’imagine, vivant, ce salon délabré.

 

#2 – Le vacarme des fusils 

Le vacarme des fusils et les cris des combattants se sont éloignés. Je n’entends plus que le souffle irrégulier et saccadé de ma respiration. De l’extérieur, je perçois le bruit léger de débris, qui dégringolent du plafond sur le mobilier éventré.

Un rayon de soleil atteint la porte du placard où je me tiens recroquevillé depuis ce début de matinée révolutionnaire, sans notion du temps qui s’est allongé. Mes muscles sont contractés par une forte douleur liée à la longue immobilité que ma survie m’a imposée.

J’entrouvre la porte et je me décide à sortir, rampant sur ce sol jonché de détritus, tel un rat aux aguets, prêt à faire marche arrière au moindre bruit suspect.

Mon métier de photographe de guerre m’a appris à évaluer les risques, à choisir mes sorties sur le terrain, à mesurer les enjeux de mes missions et à poser mes limites. Mais cette fois ci, rien n’a fonctionné comme d’habitude. La situation a évolué bien trop vite pour que ma sécurité soit assurée et je n’ai pas eu d’autre alternative que celle de me planquer.

La misère a fait exploser le peuple, les privations et la faim lui ont fait prendre les armes. Les têtes sont tombées et d’autres vont tomber encore, plus loin, dans d’autres demeures où se terrent des hommes et des femmes que leurs privilèges vont tuer.

Je prends conscience du chaos qui m’entoure, de ce décor qui porte les traces de la colère et de la haine, des objets défoncés, décapités, éclatés, éventrés, éparpillés, sous le regard angélique de ces chérubins, étonnamment épargnés dans leurs médaillons de plâtre.

Je réalise que mon compagnon d’armes, mon fidèle argentique qui a résisté à toutes les révolutions numériques, mon seul et unique outil de travail, est encore suspendu à mon cou, telle une invitation à reprendre mes esprits.

Retrouvant un peu de souplesse, je me remets sur pieds et cherche le meilleur angle de vue pour immortaliser dans ma boîte noire cet espace détruit par le passage volcanique de quelques hommes affamés de vengeance et de justice.

Demain, mes photos questionneront sur le sens et la nécessité d’une telle explosion de violence et certains que l’on nomme « responsables » oseront affirmer que cela ne pourra pas se reproduire car des leçons seront tirées de ces événements dramatiques.

 

#3 – A la recherche d’une partition perdue

Mes recherches pour découvrir des demeures invisibles m’avaient souvent conduit dans des lieux insolites, véritable vivier photographique. Je me retrouvais en ce matin là de printemps face à ce qui fut autrefois le château de Mesen. Il se dévoilait au milieu d’une vaste clairière, un chemin peu accueillant jonché de ronces menait à ce qui restait de ce que fut ce château. Je ne pouvais me résigner à nommer cet amas de pierres autrement que château et pourtant, rien ne pouvait laisser penser que c’en fut un. Un paysage chaotique s’offrait à moi. Des fenêtres éventrées laissaient pénétrer la végétation luxuriante, on pouvait distinguer des morceaux de vitraux qui jonchaient le sol, des larges murs fracturés, usés par le temps, une toiture qui jadis fut la fierté de cette région n’existait plus, comme si un obus était venu s’écraser en son milieu. Pourtant aucune guerre n’avait rasé ce lieu. Oser avancer, ne pas avoir peur de tous ces gravats qui parsemaient le sol, de ces plantes envahissantes qui barraient mon chemin, réussir à me frayer un passage. Attiré par la lumière, je poussais ce qui restait d’une porte dont le chambranle en bois était rongé par des xylophages. J’aperçus de la couleur, un vert céladon, des murs impeccables, des stucs d’une blancheur incroyable qui contrastaient avec la violence de l’effondrement, un plafond percé qui laissait passer un filet de lumière, de la poussière qui recouvrait tout, absolument tout, des livres déchirés, étalés sur ce qui restait d’un somptueux parquet, des fauteuils décapités, et puis ce piano, le piano à queue de ce compositeur et chef d’orchestre Peter RITZEN. Difficile d’imaginer que cet instrument ait pu être à l’origine de ses plus belles compositions, et pourtant quelques partitions étalées négligemment sur le couvercle pouvaient en témoigner. Cette émotion que je connaissais si bien alliée à la découverte d’un lieu si insolite me submergea, je sortis mon fidèle compagnon, m’installai, cadrai en pensant à cette phrase de Robert Franck, ce photographe américano-suisse qui m’avait jusque là tant inspiré « l’important c’est de voir ce qui est invisible pour les autres », et appuyai sur le déclencheur avec une grande satisfaction.

 

#4 – De toute ma vie

De toute ma vie de photographe, c’est jusqu’à aujourd’hui, la seule fois où je me suis rendu sur un lieu dans le cadre d’un déplacement collectif très contrôlé. Confrères, journalistes et députés, nous nous étions levés aux aurores, pour nous rendre à proximité du site dévasté d’une ancienne usine chimique, à l’invitation des autorités locales.

Une enceinte faite de barbelés très serrés interdisait de s’approcher. On distinguait un énorme bloc de béton éventré, de multiples cheminées éboulées au milieu d’une végétation misérable. Le ciel était limpide, chants d’oiseaux et clics clacs des déclencheurs se mêlaient.

A quelques kilomètres de l’épicentre de toutes les pollutions, la visite d’un village était programmée. Des rues éventrées, des petites maisons traditionnelles dont la seule ornementation était de délicats linteaux sculptés. Vitres brisées, assiettes colorées sur un coin de table, rideaux fleuris bercés par le vent, outils de jardinage abandonnés, et même pans de murs effondrés, l’urgence de fuir était palpable. Nous nous sommes égayés dans ce décor lugubre et bouleversant.

En limite du village, au milieu d’un parc dont la végétation luttait pour retrouver sa vitalité d’avant la catastrophe écologique, une bâtisse en imposait. J’en franchis l’entrée. Dans le hall d’apparat, deux portes entrebâillées. Je poussais celle de droite. Sur le seuil, un effet de sidération me saisit. Impossible de comprendre devant quel tableau je me trouvais. Celui d’une longue histoire d’abandon, de décadence progressive d’un lieu ouvert à tous les vents ou celui d’un souffle d’explosion aussi bref que puissant qui anéantit tout sur son passage.

Questionner mentalement cette énigmatique scène m’a permis de retrouver mes esprits. Choisir un plan large, capter les couleurs délicates, saisir ce rayon de lumière fugace afin d’éloigner la puissante mélancolie qui m’envahissait au vu de ce décor si touchant de fragilité.

Clac ! Pour témoigner de ce que ce lieu a vécu même si je ne sais pas encore la cause des outrages qu’il a vécus.

 

#5 – Je passais

Je passais devant cette imposante demeure tous les jours sur le chemin de l’école. Une maison de maître. Personne ne l’avait jamais vue habitée parmi les plus anciens du village. « La maison du Vicomte, du pianiste, de l’érudit » disait-on.

J’avais dans le cadre de mon projet de livre photographique sur les « Demeures invisibles » parcouru le monde à la recherche de lieux oubliés et délaissés, de la Turquie à l’Iran, terres de civilisations bâtisseuses, en passant par la Russie, où foisonnent des cimetières industriels hérités du constructivisme soviétique. Après des mois d’exploration, le point final de cette longue série d’images se terminait chez moi à la sortie du village où j’ai toujours vécu. D’aussi loin que je me souvienne, cette histoire de pianiste m’avait toujours intrigué. J’appris au hasard d’une discussion que le piano qui servait à des concerts privés dans ce manoir était toujours là.

« Sylvain, je ne sais pas dans quel état doit se trouver cet instrument depuis le temps que cette maison est à l’abandon » me disait Roger Martin, le maire, dépositaire des clefs en l’absence d’héritiers connus et d’acquéreurs potentiels. La commune de Tanneron portait le lourd fardeau de ce bien architectural n’ayant pas les moyens financiers pour le rénover et valoriser cet espace conséquent. Une maison à un seul volume, à la façade fissurée, au toit éventré, au jardin infesté de ronces et de mauvaises herbes…

Rendez-vous fut pris pour le 10 mai au petit matin. Roger m’attendait devant le portail en fer forgé. On se fraya un passage jusqu’à la massive porte d’entrée. Elle s’ouvrit sans forcer.

« C’est à l’étage si mes souvenirs sont bons. Tu sais, je ne suis monté là-haut qu’une seule fois il y a très longtemps avec le notaire et je ne me rappelle plus exactement comment se présente la pièce. Le piano doit être forcément encore là, car la maison ne semble avoir jamais été visitée » .

Quelques marches en bois vermoulu. On se tient à la rampe pour éviter la glissade. On écarte de la main les toiles d’araignées.

Je sors déjà mon appareil prêt à capter le moindre détail. On pénètre dans une grande salle. Le trou béant dans le toit répand une lumière pâle. Roger force le verrou d’un volet entrebâillé et un scintillement solaire pénètre dans la pièce. Je clique sur le déclencheur machinalement. Finalement, cette photo témoin, première d’une très longue série dans cette maison des souvenirs sera la meilleure de mes tirages, pleine d’instantanéité, d’éblouissement. L’inconnue aux volets clos avait enfin dévoilé son secret caché. Une forme de nostalgie réveilla les mains d’un fantomatique pianiste, la musique presque monastique de ce lieu d’antan et les applaudissements d’un public confidentiel.

 

#6 – Premières impressions

Je ne sais plus comment j’en suis arrivé là.

Je suis happé dès mon entrée dans la pièce de cette ancienne demeure.

Mes bonnes attitudes de photographe consciencieux volent en éclat : pas le temps d’un repérage détaillé des lieux, peu ou pas de réflexion technique, aucune optimisation ni cadrage…

J’ai envie de prendre un cliché sauvage afin d’y inclure la stupeur explosive déclenchée à l’instant par un pêle-mêle de visions et sensations contradictoires.

Par réflexe, je jauge la lumière. Elle arrive par la fenêtre sur ma gauche.

Je me presse un peu nerveusement pour capturer l’ensemble du tableau.

Derrière l’écran de l’appareil, je commence à recevoir les éléments présents de façon différente. Je me sens caché, réfugié à l’abri du regard des lieux.

Je réussis peu à peu à prendre de la distance et cesse de focaliser sur mes émotions. Je peux contempler l’ampleur des dégâts du temps. Tout apparait pulvérisé, émietté, ratatiné…

Le sol est jonché de lambeaux de bois, de gravas et de pousse-hier. À droite une paire de fauteuils décanillés, complétement hors service, vestige d’un couple réunit par la mélodie d’un piano, semble s’être fait éventrer, voire démantibuler en plein concert. Le dit piano étant lui-même victime de l’effondrement d’un morceau de plafond, le son des notes s’est étouffé, laissant tout seul les silences.

Mon regard s’élève et s’accroche au vert tendre des murs, me diffusant alors une certaine fraicheur d’esprit.

Mon doigt appuie sur le bouton déclencheur et capture ce cliché instantané.

 

#7 – Le piano muet

Cette photo me rappelle Yagmur, lors d’une virée matinale dans les bois environnants une petite ville à la frontière du Kosovo. Je cherchais déjà les traces de ces  villes invisibles et j’ai le souvenir d’une escapade peu aisée, à travers des bois touffus, les indications vraiment floues de mon logeur sur une  demeure, sorte d’ancienne datcha d’un apparatchik Yougoslave qui aimait y faire des retraites paisibles, loin de ses responsabilités, avant  guerre.

Après une bonne heure de marche, j’aperçus  une vieille grille rouillée, ensevelie sous une végétation abondante. Particulièrement bien ouvragée, elle m’intrigua par son incongruité dans ce paysage plutôt inhospitalier. Elle  ouvrait  sur un bosquet, mangé de ronces et d’ orties. Plus loin, on distingait les traces d’une ancienne allée, peut être bordée d’arbres. Lentement, je me frayais un chemin et aperçus une bâtisse, à première vue  luxueuse et surprenante à cet endroit . Sa façade éventrée baignait dans la lumière du soleil presqu’à son  zénith. Mon œil de photographe fut évidemment attiré par la lumière et par le sujet. J’étais perdu dans mes pensées quand, à ma grande surprise, une petite main me tira par la veste  et me saisit avec détermination en me faisant comprendre qu’il y avait de belles choses à voir. Une petite fille m’attira prestement à l’intérieur de l’édifice, somme toute peu rassurant avec ses nombreuses zébrures et fêlures. Je la suivis tant bien que mal dans les escaliers monumentaux qu’elle arpentait avec détermination et agilité, preuve que ces lieux lui étaient familiers. Dès le premier regard, cette pièce me bouleversa. Ces murs verts, fiers de  leur splendeur passée avec leurs beaux médaillons d’albâtre,  rappelant la quiétude d’antan, cette cheminée en marbre noire  occupée par un poêle désormais froid, ces deux fauteuils,  goguenards, paraissant observer la scène, l’un décapité, l’autre complètement crevé ; cette chaise  à haut dossier, craintive et cachée dans les rideaux,  ce sol jonché des pages de livres tombés par le trou béant du plafond, ce fauteuil blanc occupé par un beau volume et ce piano majestueux, abandonné là, qui s’est tu à jamais. En regardant cette scène, on aurait cru les habitants à peine sortis après avoir écouté une sonate paisible, tout juste avant la destruction. Impression d’autant plus forte que  le soleil jouait avec les arbres dehors et accentuait ce contraste entre la mort et la vie , entre la violence et la paix. L’enfant alerte, à mes côtés,  m’invita à prendre la photo. Je me suis tranquillement installé, cherchant le meilleur angle pour rendre cette atmosphère si particulière. Juste après le clic du déclencheur, mon regard croisa celui de la gamine.Et elle me dit vivement dans son anglais très approximatif : « je m’appelle Yagmur, ici c’était la pièce préférée de ma grand-mère, avant… ».

 

#8 – C’était en juin

C’était en juin, je voulais aller faire ce château avant de quitter Paris. Pour avoir toutes nos chances de rentrer dans ce lieu, nous avions roulé de nuit et dormi dans la voiture afin d’être sur place le matin à la première heure.

Nous fîmes le tour du château, sans faire de bruit pour ne pas être remarqués par les voisins, et nous aperçûmes une petite brèche dans un mur assez large pour pouvoir nous faufiler. Celui-ci donnait sur un vieux garage, rempli de vieilles Alfa Roméo de sport, tapissées d’une épaisse couche de poussière, sous l’odeur d’huiles de vidange.

Après avoir pris en photo ces belles italiennes, je pris un escalier en colimaçon, pour arriver dans la cour intérieure du château, je vis un second garage, plus petit, rempli d’outils, de bidons et de pièces de voiture, le genre de salles que j’adore prendre en photo.

Je montais ensuite les étages, l’état des sols laissait à désirer, et il fallait faire bien attention de ne pas passer à travers le plancher. Après avoir parcouru les anciennes chambres, une salle à manger plongée dans l’obscurité, une salle de bain remplie de vieux flacons, je vis ce salon vert, style Louis XVI, j’étais impressionné de voir cette scène, le piano, les fauteuils, la lumière parfaite qui éclaire juste ce qu’il faut. Je crois avoir pris la photo d’une dizaine de manières possibles pour être certain de rapporter le bon cliché.

Je me demandais qui pouvait bien être cet ancien propriétaire, qui avait dû délaisser toutes ses automobiles, et son grand château. Après des recherches, il se trouve que le château est devenu la propriété de deux vicomtes à la suite d’un mariage, et ils le délaissèrent par manque d’argent. Aujourd’hui, le château appartient au gouvernement, et des travaux de restauration ont commencé.

 

#9 – Désaccordé

Vous vous souvenez de Versailles, le Roi Soleil, son Palais, ses merveilles, ses dorures, sa Galerie des Glaces…

Voici l’état dans lequel il serait si le Roi Soleil n’était qu’un comte de Province italienne. Dès mon premier pas dans cette pièce, tout sentait l’oubli. La lumière transperçait le plafond par une plaie béante, éclairant un vieux piano poussiéreux. La misère semblait s’être abattue en milliers de débris. Chaque pas faisait craquer ici et là les copeaux de vie passée. Etait-elle riche ? Glorieuse ? Ou désaccordée ?

Ma main glissa sur les touches abîmées : écho d’un piano fatigué. Dorures ternes. Odeur de mousse.

3 pas en arrière… Je saisis l’instant.
Fin.

 

#10 – Je me souviens

Je me souviens de cette plongée dans un passé fantomatique… j’avais bien couvert des quartiers sordides aux façades lépreuses, des immeubles éventrés par la guerre, des zones post-industrielles au béton délabré, des amoncellements hétéroclites de décharges publiques…mais jamais encore je n’avais été confronté au luxe baroque en décomposition…

Des passants, intrigués par mon errance chaotique qui ne correspondait pas au cliché touristique m’avaient indiqué, avec un sourire entendu, ce palais italien que les héritiers ruinés avaient abandonné faute d’obtenir les crédits d’entretien nécessaires à sa sauvegarde…

Une déchirure de la façade permit mon intrusion et je me retrouvai pris dans un labyrinthe de pièces aux murs lacérés par les intempéries, au mobilier couvert de gravats …un sentiment étrange d’absence-présence m’envahit, une odeur de moisi se mêlait à une faible lumière latérale, oblique qui perçait le plafond et baignait l’ensemble d’échos éphémères…un piano dérisoire trônait encore là, vestige de fêtes surannées, d’harmonies effacées …

Saisir cette fuite, figer ce monde enfui avant le triomphe de la poussière !

 


La bonne réponse, le vrai texte écrit par le vrai Sylvain Héraud, c’est le numéro … 8… alors, vous aviez trouvé ??!

 

 


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