Rencontre avec Frédérique Deghelt pour Les brumes de l’apparence (Actes Sud) jeudi 3 juillet 2014 à 19h

David et Françoise ont le même coup de coeur : les brumes de l’apparence de Frédérique Deghelt édité chez Actes Sud. Elle viendra nous rendre visite pour une rencontre littéraire qui nous enthousiasme le jeudi 3 juillet prochain à 19h à la librairie.

 

Ce qu’en dit Françoise

C’était risqué d’écrire ce livre. C’est risqué aussi de le lire : on pourrait se prendre au jeu, et se dire qu’on a peut-être bien un don en soi, que l’on ignore et qui par « hasard », un jour, va se révéler, et alors guetter ce hasard, ou l’aider, et puis changer de vie… Et cela simplement, parce qu’on est forcément entré en complicité avec Gabrielle, l’héroïne du roman de Frédérique Deghelt.

Facile de s’engager dans les pas de cette femme, pas forcément sympathique mais qui déborde d’énergie et de certitudes. Dans la vie, elle organise des réceptions, des fêtes de grande envergure. Elle évolue dans un monde qui brille, qui se donne en spectacle. Il faudra qu’elle hérite d’une propriété en pleine campagne (forêt, rivière, masure… à retaper), pour qu’elle commence à rompre avec une forme d’aveuglement et par laisser s’ouvrir une faille, passage possible entre deux mondes jusque là étrangers l’un à l’autre.

C’était risqué d’écrire ce livre, mais Frédérique Deghelt a le style (élégant, sans effort) et l’humour pour écrire ça, sans nous tendre de piège, ni nous obliger à rien. Et pourtant elle nous emmène bien plus loin que prévu, en compagnie de Gabrielle, Jean-Pierre, Francesca, Léa, Richard et les autres (que, personnellement, j’aimerais bien rencontrer plus souvent).

Et puis, il y a les citations en exergue de chaque chapitre… prenons celle-ci par exemple : « On ferme les yeux des morts avec douceur, c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants» (Jean Cocteau).

 

 

Ce qu’en dit David

Si on m’avait parlé de ce livre, j’aurais dit non, non ce n’est pas pour moi. Une histoire de médium ? non merci, surtout pas. Je sais que ce n’est pas le thème qui compte, que ce n’est pas l’histoire qui importe mais le style, la façon dont l’écrivain s’empare d’un sujet pour le transformer, et en faire quelque chose de bien à lui. Je sais cela. Mais bon.

Et puis je l’ai lu. Et là, le choc : la puissance de la littérature qui vous emmène là vous ne saviez que vous pouviez aller, un endroit encore inconnu. Pourtant des livres, on en lit. Et malgré tout, nous découvrons toujours de nouveaux écrivains qui nous subliment. C’est toujours un beau sentiment de se faire avoir, encore une fois, de se laisse emporter alors qu’on ne savait pas.

Le lecteur vit au fond la même histoire que l’héroïne de Frédérique Deghelt : un évènement inattendu surgit dans sa vie (l’héritage d’un terrain et d’une maison où il se passe de drôle de choses…), un évènement auquel rien ne nous prépare (une sensibilité accrue à l’impalpable), un évènement qui révèle une part d’ombre restée longtemps enfouie en elle (en nous), une trace minuscule qui devient majeure et imposante, à tel point que toute la vie en est chamboulée. Soi même, comment réagit-on face à ce qu’on ne savait pas de soi ? Et les autres, le mari, les enfants, les amis, les proches, les collègues de travail, comment comprennent-ils que nous ne sommes plus les mêmes ? Comment l’acceptent-ils ?

Ce n’est pas l’histoire d’une maison hantée, mais plutôt celle d’une quête de soi, d’une connaissance de soi, et ainsi l’histoire que nous raconte Frédérique Deghelt fait-elle écho en nous, de façon mystérieuse et lumineuse…

 

Un petit air de musique inspiré de la bande son suggérée par Frédérique Deghelt à la fin du roman :

 

A lire également de Frédérique Deghelt le formidable La vie d’une autre (toujours édité chez Actes Sud).