Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel, éditions de Minuit

Beaucoup d’émotions et d’intérêt à lire la confession de cet ouvrier breton, qui tente d’expliquer pourquoi il a poussé à la mer Antoine Lazenec (promoteur immobilier sans morale ni vergogne). Nous sommes dans une petite ville, au fond de la rade de Brest, une ville en plein déclin économique et moral, et qui a voulu croire au rêve de reconstruction et de confort dispensé par Antoine Lazenec. Mais voilà, ce n’était que fumée, et arrive le jour où trop c’est trop.

Le narrateur est devant le juge, il ne cherche pas à se disculper, juste à retrouver comment les choses se sont enchainées, et comment il en est arrivé là, lui qui avait économisé pour son fils et pour lui-même, mis de côté sa prime de licenciement pour acheter… un bateau de pêche.

La phrase s’efforce d’aller au plus juste, quitte à prendre des tournures imprévues, insistantes, et c’est petit à petit, mais avec force, que l’ensemble prend forme, que les personnages acquièrent profondeur et vérité, jusque dans leurs faiblesses, bien sûr. Jusqu’à l’entré en scène de l’article 353.